Samuel Hasselhorn compte parmi les barytons les plus marquants de sa génération. Comme tout chanteur allemand, il s’inscrit dans la longue tradition des interprètes de l’incontournable Voyage d’Hiver de Schubert, un cycle mythique de lieder qui a révolutionné le genre.
Affronter ce monument n’est jamais qu’un simple exercice de style : c’est un défi.
Schubert est mort en 1828, à l’âge de trente et un ans, et il semble qu’il ait donné le meilleur de lui-même dans les derniers mois de son existence. C’est de 1827 en effet que date le vaste cycle de vingt-quatre lieder intitulé Le Voyage d’hiver, qui est à la fois un autoportrait du musicien à la recherche de lui-même, et une plongée dramatique à travers un genre intime.
Schubert enfle ici la miniature et fait de chaque lied une étape de plus en plus poignante : solitude, révolte, sarcasme, abattement, toutes les humeurs passent à travers ces vingt-quatre balises d’une âme en détresse qui croise un corbeau, un joueur de vielle, un tilleul, une jeune fille – et au bout quelque chose qui est mort et transfiguration.
« Non seulement, il n’est pas une indication de la partition qui soit omise, mais, surtout, l’appropriation du Lied par chacun des interprètes comme leur absolue connivence suscitent une lecture inspirée, où le sens profond de la poésie se traduit par de subtiles inflexions, qui renouvellent son approche, malgré les centaines de gravures léguées par leurs prédécesseurs, des plus illustres aux plus modestes. Nous sommes proprement emportés, tenus en haleine par la force expressive de cette écoute. » – ForumOpera
Philippe Cassard, piano
Samuel Hasselhorn, baryton
SCHUBERT
Winterreise, D.911
Cycle de 24 Lieder sur des poèmes de Wilhelm Müller
Ouverture des portes à 10h. Petit-déjeuner offert par l’association