(Sur)vivre
L’humanité dans l’objectif
Les artistes sélectionnés: Islem Haouati, Bruno hadjih, Brooke White, Hamid Aouragh.
Un hommage est rendu au photographe de renom sud africain Pierre Crocquet, décédé en 2013.
Une exposition englobant les liens sociaux, les conflits politiques, la lutte contre les éléments naturels, et la quête de la place de l’homme sur cette terre, non pas en un dominant inconscient mais en parfaite symbiose avec la nature. Un dur équilibre à trouver.
HOMMAGE à Pierre Crocquet 1971_ 2013
Chez Pierre Crocquet, l’humain nous fait face et fait face aux manques matériels, à l’exclusion, à la pauvreté et à la misère, les photographies suscitent l’empathie sans pathos, la dignité, la résilience. En Afrique du Sud post apartheid, Pierre Crocquet nous révèle avec douceur, des portraits en majesté qui donnent à voir le statut social du sujet, la pauvreté n’est pas une fatalité abstraite, elle se reflète sur des visages burinés, ridés, à travers des gestes du quotidien et des habitats précaires, la profondeur du champ est volontaire, le discours est superflu, le photographe témoigne, magnifie des vies simples en nuances de gris parfois en noir et blanc. Nous exposons des tirages, épreuves d’artistes confiés à la galerie en 2006, lors de son passage à Paris.
Islem Haouati a fait de la Rue un sujet, vivant, palpitant, de nuit comme de jour, qu’il s’agisse de manifestations politiques, de revendications sociales ou simplement de fêtes, il est là à capter, ce qui fait battre le cœur des villes, ses photographies en noir et blanc donnent le ton, l’équilibre est fragile, les fractures sociales sont palpables, et transpirent les tensions, mais aussi les solidarités de rue, les migrations, le travail informel, les inégalités qui isolent ou qui rassemblent. Chez Islem, c’est une photographie de dimension sociale sur une toile de fond de relations humaines, dans un cadre urbain, industriel parfois (2_Personnages en marche, Alger) La survie de l’humain dans un environnement hostile le touche – Comme les crises sanitaires, (1_Photo : Personnage dont le visage est couvert d’un long tissu noir,) elle traduit le confinement et la tragédie, le point de rupture d’une époque insouciante. L’humanité est fragile, elle se dévoile pendant les crises écologiques (sècheresse, conflits, pollution, changement climatique) qui affectent directement les plus vulnérables. L’homme marche sur un fil, saura t’il trouver, l’équilibre et la raison pour dompter non pas la nature mais ses pulsions de toujours, avoir plus, aller plus vite, plus loin, plus haut jusqu’à perdre pied, jusqu’à la rupture.
Chez Stephane Ellias, c’est l’insouciance et la légèreté qui l’emportent, son regard bienveillant sur son entourage confère aux photographies l’éclat des photographies des jours heureux. Les prises sur le vif saisissent des moments fugaces, l’élan de l’être humain porté à s’élever, à se sentir léger, échapper en quelque sorte à sa propre nature, se jouant de la « gravité » dans tous les sens. Son appareil photo est son allié paradoxal, la technique fige en tirages photographiques le mouvement, le saut, l’équilibre, le déséquilibre, une dualité que l’artiste soumet. C’est son journal intime, quelques photos du quotidien, d’une humanité rêvée, fraichement réveillée autour d’une tasse de café. Nous sommes en 2003, Internet est né et l’un des plus savoureux « blog » ou « weblog » n’est tout autre que le « journal infime » de Stéphane Ellias, « infime » sur une toile virtuelle. Le sort de la photographie allait connaitre une révolution.
Photographies d’archives.
Les artistes sélectionnés: Islem Haouati, Bruno hadjih, Brooke White, Hamid Aouragh, Stéphane Ellias( photos d’archives), Pierre Crocquet (Hommage: photos d’archives)
Langues parlées
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Français
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