A cette occasion, le Musée de la Camargue présente une exposition qui met en valeur les paysages culturels et les pratiques de l’agro-pastoralisme en Camargue, hier et aujourd’hui ; elle questionne la place de cette pratique comme une solution adaptative demain, au changement du climat.
La Camargue, cette terre qui nous paraît sauvage, indomptée par l’Homme, provient d’un long processus d’anthropisation. Le delta du Rhône s’est formé au fil des sédiments déposés par le fleuve sur la mer. Le terrain y est naturellement salé. Jusqu’à l’endiguement total du Rhône, les inondations lessivaient naturellement le sol et fertilisaient les terres. L’agriculture associée à l’élevage s’y développe dès l’Antiquité. Le déplacement des animaux en quête de nourriture à l’état sauvage est reproduit par les éleveurs qui, au fil des saisons, trouvent les herbages nécessaires à leurs troupeaux. Ce déplacement saisonnier est nommé « transhumance » issu du Latin trans, signifiant à travers, au-delà et humus, signifiant terre.
En Camargue, alors que les taureaux et les chevaux employés pour les travaux agricoles pâturent sur les terres basses et salées, les moutons pâturent après les récoltes sur les parcelles cultivées. Avant l’été, ils quittent le delta pour «amontagner» dans les alpages où ils trouvent de riches herbages. Les services rendus par les ovins sont nombreux : entre autres, ils fertilisent les sols qu’ils pâturent et maintiennent les milieux ouverts.