Historiquement, l’équitation a joué un rôle majeur dans l’émancipation des femmes. Dès la Renaissance, les costumes dédiés à la pratique équestre emprunts au vestiaire masculin ou créations inédites ont permis à celles que l’on appellera bientôt les « amazones » de questionner leur place dans la société. L’exposition invite le public à découvrir l’histoire de ces femmes, dont la force et la beauté ont souvent été fantasmées et mécomprises.
Réunissant des prêts exceptionnels d’institutions françaises et européennes, le parcours rassemble notamment des œuvres du Petit Palais, de la BnF, du musée d’Orsay, du musée Carnavalet, du musée des Arts décoratifs, du Mucem et du Muséon Arlaten, ainsi que de plusieurs musées britanniques et suédois.
Parmi les pièces phares figurent la selle du XVIIᵉ siècle de la reine Christine de Suède, dite « l’Amazone du Nord », et des portraits équestres de femmes illustres de la cour de Louis XIV, réunis pour la première fois depuis près de 350 ans. De la Grande Mademoiselle à Marie Leszczynska, jusqu’aux dessins de Degas et de Constantin Guys, œuvres et vêtements dialoguent à travers les siècles sans oublier l’une des amazones les plus célèbres du XIXᵉ siècle : l’impératrice Eugénie.
Plus d’une centaine d’œuvres retracent l’évolution de la mode des amazones, de la Renaissance à la création contemporaine. Longtemps perçu comme un défi aux conventions, l’habit d’Amazone s’impose progressivement comme une pièce élégante et pratique, nourrie du savoir-faire des tailleurs et des matières du vestiaire masculin, bien au-delà des manèges et des chasses.
À Arles et en Camargue, cette tradition s’est réaffirmée après la Seconde Guerre mondiale, lorsque des femmes osent apparaître en amazone lors des fêtes traditionnelles. Plus récemment, dès 2001, des femmes issues de familles de gardians se regroupent au sein de l’Antique Confrérie des Gardians de Camargue et développent spectacles et démonstrations en amazone. Aujourd’hui, cette pratique connaît un nouvel essor auprès des jeunes filles et s’enseigne dès 7 ans dans certaines écoles d’équitation camarguaise.
Le musée de la Mode et du Costume confie le commissariat scientifique à Valerio Zanetti, docteur en histoire et spécialiste des pratiques équestres féminines. Un catalogue, enrichi de contributions internationales, accompagne l’exposition, ainsi qu’un colloque annoncé sur le site du musée.
Rendez-vous à Arles dès le 22 mai 2026, pour un voyage au grand galop au pays des Amazones !